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Communication · 9 min de lecture

Comment pratiquer la Communication Non Violente

Les principes de la Communication Non Violente (CNV), un exercice pour distinguer faits et jugements, et la méthode en 4 étapes pour mieux se parler.

Par Audrey Masumbuko Consultante en transformation personnelle & relationnelle · mis à jour le
Deux personnes échangent autour d'une table, deux tasses entre elles : l'une parle, l'autre écoute.

La Communication Non Violente (CNV) vise à communiquer de la façon la plus empathique possible, pour exprimer ce dont on a besoin dans le respect de soi et de l’autre.

Nous sommes responsables de la satisfaction de nos besoins.

Les 3 principes de la CNV

1. Arrêter de juger

Nos critères, nos opinions, nos valeurs et nos croyances ne sont pas des vérités absolues. Or c’est souvent dans le jugement que la violence prend sa source : quand on juge, on prend le risque de blesser.

Le mieux est d’observer la situation (ce qui nous gêne, ce que nous souhaitons) de façon neutre, sans évaluer l’autre en bien ou en mal.

2. Exprimer ses émotions

Nous avons tout à gagner à exprimer nos émotions plutôt qu’à les laisser nous ronger. Une émotion peut s’exprimer… ou s’imprimer.

Encore faut-il l’exprimer de façon responsable : préférez le « je » qui parle de soi au « tu » qui accuse.

3. Formuler des demandes précises

Prenons l’habitude de formuler des demandes claires et négociables, liées à nos besoins, plutôt que des plaintes, des exigences ou des sous-entendus.

  • À éviter : « Tu ne fais jamais rien à la maison ! »
  • À privilégier : « Je me sens débordée, j’ai vraiment besoin d’aide pour les tâches ménagères. Pourrais-tu t’occuper de la vaisselle ce soir, s’il te plaît ? »

Petit exercice : fait ou jugement ?

Dans chaque paire, quelle phrase décrit un fait, sans jugement ?

1. « Qu’il fait froid ici ! » ou 2. « J’ai froid ici. »

C’est la phrase 2. Personne ne peut nier que vous avez froid : c’est un fait qui vous concerne. La phrase 1 est une opinion, car votre voisin pourrait très bien vous répondre : « Moi, ça va ! »

3. « C’est un très bon manager. » ou 4. « Il a animé la réunion sans débordement, et nous avons terminé à l’heure. »

C’est la phrase 4. La phrase 3 porte un jugement, même positif : elle reste une opinion. La phrase 4 énonce des faits précis.

5. « J’ai du mal à lui faire confiance : plusieurs fois, il n’a pas répondu à mes attentes. » ou 6. « Il n’est pas fiable. »

C’est la phrase 5. La phrase 6 juge la personne tout entière et risque de provoquer de l’agressivité. La phrase 5 dit « je » et décrit la situation.

7. « Cette semaine, il est arrivé trois fois en retard. » ou 8. « Il est toujours en retard. »

C’est la phrase 7. La phrase 8 est une généralisation, facile à contester.

En résumé : les 4 étapes de la CNV

  1. Observer sans juger : décrire la situation de façon factuelle.
  2. Exprimer son émotion avec le « je ».
  3. Identifier son besoin non satisfait.
  4. Formuler une demande claire et négociable.

Exemple : au lieu de « Tu es toujours en retard, tu ne respectes personne ! », essayez plutôt : « Quand tu arrives 30 minutes après l’heure prévue (observation), je me sens frustré·e (émotion), parce que j’ai besoin de ponctualité pour m’organiser (besoin). Pourrais-tu m’envoyer un message si tu as du retard ? (demande) »

Bon à savoir : ces conseils ne remplacent pas un avis médical. Si vous vous sentez en danger, appelez le SAMU (185).

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